Je vais te raconter un échange qui, je pense, va parler à énormément de monde.
Parce qu’on voit souvent les “success stories” : comptes financés, payouts, screenshots, “tout roule”. Mais on voit beaucoup moins les périodes compliquées : les mois difficiles, les erreurs bêtes, les périodes où tu n’es plus toi-même… et où tu te mets à faire exactement l’inverse de ce qui t’a fait réussir.
Dans ce podcast, je fais le bilan avec Romain (presque 30 ans, et il y tient), apprenant au centre de formation Objectif Trading depuis la session de mars 2024. Un an et demi de parcours : des phases très bonnes, d’autres beaucoup moins bonnes. Et justement, c’est ça qui est intéressant. Pas le storytelling parfait. Le vrai.
Le vrai parcours d’un apprenant : “je marche sur l’eau… puis je me prends un mur”
La première chose que je veux poser : un an et demi, dans ce métier, c’est le début.
Je sais que sur le moment tu te dis “ça commence à faire”, mais non. Avec le recul, c’est court. Le trading, c’est un métier. Et un métier, ça s’apprend, ça se structure, ça se répète.
Je demande à Romain de se “noter” sur un truc très simple : sa capacité à suivre le programme de manière rigoureuse.
Et sa réponse est hyper honnête : il se met autour de 6,5/10. Pas nul. Mais irrégulier. Des périodes très sérieuses… et d’autres où il sort complètement du cadre, souvent quand la vie perso bouge.
Et ça, c’est un point clé : en trading, le “tout ou rien” te détruit. Parce que le marché, lui, il s’en fiche de ton contexte.
Deux trajectoires, même point de départ : ce que révèle la comparaison
Pour rendre ça concret, je le compare à une autre personne de la même période de départ : Anne-Sophie. Même promo, même cadre, même parcours au départ.
On regarde les mois.
Février à mai : quand tout est aligné
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Février : Romain fait +805$ en 11 séances, avec une seule séance perdante. Anne-Sophie est à +42,50$ sur 20 jours.
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Mars : Romain +549$ (et surtout : il valide son premier challenge, déclic énorme). Anne-Sophie -610$ sur 19 jours.
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Avril : Romain autour de +63$ (plus neutre), Anne-Sophie fait un gros mois à +1405$.
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Mai : Romain +625$ sur 6 jours et vit son premier payout. Anne-Sophie +1983$ sur 22 jours.
Et là, tu vois un truc que beaucoup ne comprennent pas au début : Romain trade peu. Il est sélectif. Il choisit ses séances. Il arrive, il exécute un plan, il sort.
Et c’est souvent là que tu fais tes meilleures performances : quand tu es capable de dire “je ne trade pas” sans te sentir en danger.
Le détail qui change tout : plus de jours ≠ plus de performance
On a tendance à croire que “si je trade tous les jours, je vais lisser et gagner”. Parfois oui. Souvent non.
Ce qui compte, c’est ta capacité à être présent au bon moment, pas connecté en continu.
Romain a des mois où il fait une belle perf en 6 à 9 séances. Ça choque, mais c’est logique : il est sélectif, il coupe, il ne force pas.
Le basculement : quand tu passes d’un objectif de marché à un objectif d’argent
Et puis arrive l’épisode qui ressemble à ce que j’ai vu des centaines de fois.
Juin.
Anne-Sophie fait -900$ sur 21 jours… avec seulement deux grosses séances perdantes. Elle est dans une logique “je construis mon matelas”, elle prend des risques à un moment donné, ça tape, mais ça reste lisible.
Et Romain, lui, tombe dans un scénario ultra classique : il sort du trading “métier” et bascule dans le trading “salaire”.
L’épisode Barcelone : la petite erreur qui ouvre la porte à la grosse chute
Romain vient de prendre un payout d’environ 3000$. Il a plusieurs comptes (3 Topstep 50K + un Apex 150K), il est dans une euphorie totale.
Il part à Barcelone pour les 30 ans d’un ami. À l’aéroport, il ne trade pas (et il voit après coup que “ça serait passé”). Première graine : la frustration.
Le lendemain, à l’hôtel, après une soirée, il se réveille tôt, il trade. Pas parce que c’est “une bonne séance”, mais parce qu’il a un objectif : “il me manque 200$, je veux mon payout maintenant”. Il n’est plus dans le marché. Il est dans la caisse enregistreuse.
Ça part bien, il monte à +160$, puis ça se retourne. Et derrière, il commet une erreur qui coûte très cher : il laisse un ordre ouvert en quittant l’écran.
Il revient le soir : son compte a pris une claque. Là, le mental bascule. Et ce qui devait être un moment festif devient un déclencheur de spirale.
Le piège invisible : tu crois être rationnel… mais ton cerveau est pollué
C’est là où c’est dur : toi, quand tu es dedans, tu as l’impression d’être logique.
Mais en réalité, ton cerveau est chargé : frustration, besoin d’argent, comparaison, urgence, projection. Et tu fais des micro-décisions qui, mises bout à bout, te sortent du cadre.
Le résultat : tu commences à “gratter un peu plus”… et ce “un peu plus” finit souvent par transformer un bon trade en trade perdant.
Les marchés fonctionnent par phases : ta mission, c’est de survivre aux mauvais mois
Je le dis souvent et je vais le répéter ici parce que c’est un game changer :
Dans une année, tu as généralement :
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des mois excellents où “tout est lisible”
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des mois moyens où tu peux faire des petits profits
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et 1 à 2 mois vraiment durs qui font mal
Le but, ce n’est pas d’être un héros dans les bons mois. Dans les bons mois, beaucoup de gens gagnent.
Le vrai niveau, c’est : ne pas te faire sortir du jeu dans les mauvais mois.
Et ça demande une compétence très précise : réduire ton risque quand la phase change, même si ton ego te dit l’inverse.
Ce qui protège vraiment un trader : détachement, journal, et place de la vie personnelle
Quand Romain est en bas, il décrit exactement ce que vivent beaucoup de traders :
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il enchaîne des pertes
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il devient revanchard (“je veux récupérer la perte d’hier”)
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il trade plus… alors que ses meilleurs mois étaient faits avec peu de séances
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et surtout : sa tête est ailleurs (soucis perso, pression financière)
Et ça, c’est fatal : quand tu as besoin du trading pour vivre, tu trades différemment.
Le journal de trading : quand tu l’arrêtes, tu n’apprends plus
À un moment, je lui dis un truc simple : quand tu n’as plus ton journal de trading, c’est que tu n’es plus dans l’apprentissage.
Tu es sorti du cadre.
Et si tu sors du cadre, le marché ne te pardonne pas. Pas parce qu’il est méchant. Parce qu’il est neutre.
“Trader zen” : faire le job, fermer l’écran, vivre ta vie
Le trading “propre”, c’est souvent ennuyeux vu de l’extérieur.
Tu fais ton job. Tu coupes. Tu fermes l’écran. Tu reviens à ta vie perso.
Et paradoxalement, c’est ça qui te fait décoller : parce que tu n’es plus en train de chercher une validation émotionnelle dans ton résultat.
Repartir sur une feuille blanche : la stratégie “balle neuve” pour 2026
Romain finit par faire un choix que beaucoup n’osent pas : accepter l’idée de repartir propre.
“Nouveau compte, feuille blanche, balle neuve.”
Et surtout : revenir à un état d’esprit plus sain. Moins chargé. Moins pressé. Plus centré sur le process.
Je lui dis aussi quelque chose d’important : ne t’attends pas à un payout au premier trimestre.
Je préfère 3 mois de qualité (janvier, février, mars), retrouver les sensations, reprendre la régularité, reconstruire un matelas… plutôt que d’essayer de “forcer avril”.
Si tu fais le process, le résultat arrive. Si tu chasses le résultat, tu t’éloignes du process.
Ce que j’aimerais que tu retiennes (si tu te reconnais)
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Ton job n’est pas de gagner aujourd’hui. Ton job, c’est d’exécuter proprement.
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Quand tu te surprends à penser “il me manque X$”, alerte rouge : tu n’es plus dans le marché.
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Trade moins, mais mieux. Tes meilleurs mois ne viennent pas du volume, mais de la sélectivité.
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Les mauvais mois arrivent. Prépare-toi : baisse le risque, protège le compte, reste vivant.
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Le journal de trading n’est pas optionnel. Sans ça, tu perds le miroir.
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Ta vie personnelle doit rester plus grande que ton écran. Sinon tu finis par saturer et lâcher.
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Viser une perf “normale” et répétable, c’est ça être pro. Le long terme bat les coups d’éclat.
Et si tu veux aller plus loin avec ma formation pour de devenir trader indépendant, le plus simple c’est de réserver un appel avec un coach Objectif Trading pour faire un point sur ta situation.