Quand j’enregistre ce podcast avec Gilbert, je sais déjà que l’épisode va faire réagir. Parce que Gilbert, ce n’est pas le profil “standard” qu’on voit en phase d’apprentissage.
Il bosse. Il a une vie. Il n’avait aucune base en trading. Et pourtant, en quelques mois, il a déjà encaissé environ 10 000 € via des prop firms.
Alors la vraie question, ce n’est pas “est-ce que c’est possible ?”.
La vraie question, c’est : dans quelles conditions c’est possible… et pour qui ?Dans cet article, je te résume l’échange, avec les points clés à retenir si tu envisages toi aussi une reconversion (ou une transition progressive) vers le trading sur prop firm, sans investir ton propre capital.
Qui est Gilbert, et pourquoi son parcours est intéressant
Gilbert est conducteur de bus chez Régie Ligne D’azur à Nice. Il découvre le trading comme beaucoup : en tombant d’abord sur des “infos” pas très nettes (tu vois le délire… les promesses faciles, le côté show-off, le fameux “Dubaï”).
Puis il arrive chez nous : contact fin février, échange mi-mars, intégration au centre de formation début avril.
Au moment du podcast, on est début décembre. Ça fait donc environ 8 mois qu’il a commencé. Et son apprentissage, il l’a fait en parallèle de son job.
Son organisation est simple : il s’est levé plus tôt, il a regardé les vidéos, il a bossé… et il a fait toutes les erreurs possibles au début.
Et c’est justement ça qui rend son histoire utile.
“Se reconvertir en trader, c’est possible ?” Sa réponse est directe
Je lui pose la question franchement : est-ce qu’aujourd’hui, tu dirais qu’il est possible de se reconvertir en trader ?
Il répond : oui.
Avec une nuance importante : si tu as une ligne de conduite et que tu respectes des règles.
Et là, on touche déjà le point numéro 1.
Tu peux avoir la meilleure technique du monde… si tu n’as pas de règles et pas de cadre, le marché va te le faire payer.
Le démarrage : quand l’envie d’aller vite te piège
Gilbert me raconte un truc que je vois souvent : il regarde quelques semaines de contenus, il passe par un peu de démo, puis il bascule sur une prop firm (Topstep).
Et dès la première semaine, il fait un gros résultat. Il prend l’ES, il bourrine un peu, il trade matin-midi-soir.
Résultat : ça marche… puis il perd le compte.
Je ne te raconte pas ça pour te faire peur. Je te raconte ça parce que c’est un schéma ultra classique :
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une première réussite rapide
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une montée d’excitation
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une prise de risque qui n’est plus maîtrisée
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une claque
Et c’est là que beaucoup se font une fausse idée : ils pensent que le problème est “technique”.
Alors que, dans 80% des cas, le vrai sujet devient psychologique.
Prop firms : pourquoi les gains semblent “irréels” (et pourquoi ça peut te déstabiliser)
On remet les choses au clair pendant l’échange.
Ce qui est puissant avec les prop firms, c’est que tu peux accéder à une grosse allocation avec un coût d’entrée relativement faible. Donc oui, tu peux te retrouver à générer des gains significatifs… sans avoir mis 50 000 € de ta poche.
Mais il y a une phrase que Gilbert sort et qui est fondamentale :
Ce n’est pas “gagner 100 000 € sur un compte”.
C’est cumuler des petits gains sur plusieurs comptes.
Exemple simple :
100 € sur un compte, ce n’est pas la folie.
Mais 100 € sur 20 comptes, c’est 2 000 €.
Le levier est là. Et c’est précisément pour ça que tu dois être carré : quand tu as plusieurs comptes, la moindre erreur se multiplie.
Le piège n°1 : “quitter le marché” (sinon tu peux tout rendre en une heure)
Gilbert partage une erreur qui mérite d’être affichée en grand.
Il a déjà perdu plusieurs comptes parce qu’il a laissé tourner un trade en s’éloignant.
Parfois 10 comptes d’un coup. Une autre fois 5 comptes.
Et l’histoire est dingue : il était littéralement en train de retirer de l’argent, il part faire des courses, il revient… et il voit les notifications. Le trade est parti à l’envers, la situation dégénère.
La leçon est simple :
Si tu trades, tu trades.
Si tu ne peux pas être là, tu ne trades pas.
C’est bête, mais c’est exactement ce qui évite les accidents.
Le vrai tournant : “apprendre à perdre” sans perdre la tête
À un moment, je lui dis un truc que je répète souvent : dans le trading, l’argent peut sembler facile, parce que quelques décisions peuvent générer beaucoup.
Mais c’est justement ça qui te piège. Parce que si tu commences à te projeter (plans, achats, nouvelle vie), tu te mets une pression.
Et la pression en trading, c’est toxique : tu cherches à “forcer” le marché.
Gilbert a eu une période difficile après la perte d’un premier 50K. Un mois où il stagne, doute, retourne bosser les vidéos, analyse ses erreurs.
Puis il ajuste : stop plus larges, moins d’impulsivité, plus de plan.
Et là, il sort une stat qui en dit long : un seul trade perdant en deux mois.
Évidemment, ce n’est pas une promesse pour tout le monde. Mais ça montre un point clé : la progression vient quand tu acceptes l’idée que perdre fait partie du jeu, sans te venger, sans “rattraper”.
“No trade” : l’indicateur solide
Un de mes indicateurs préférés, c’est ça : est-ce que tu sais ne pas trader ?
Parce que beaucoup de gens n’y arrivent pas. Ils se sentent obligés. Ils confondent action et progrès.
Gilbert, lui, le fait. Quand il ne le sent pas, il coupe. Il le dit même : les no-trade, ça détend, ça évite les bêtises.
Si tu veux une règle simple :
Si tu hésites, c’est souvent un non.
Et si tu veux vraiment participer, tu réduis le risque au minimum. Mais tu ne te racontes pas d’histoire.
Trading en communauté : utile, mais dangereux si tu te laisses influencer
On parle aussi d’un truc réel : l’effet “chat”.
Le côté positif, c’est l’énergie, l’entraide, les retours d’expérience.
Le côté négatif, c’est l’influence.
Un ferme, tout le monde ferme.
Un hésite, l’autre clique.
Et toi, tu ne trades plus ton plan… tu trades les émotions des autres.
Gilbert a trouvé un équilibre : il ne lit pas avant d’entrer. Il fait son plan. Il exécute. Et ensuite, il regarde.
Si tu veux progresser, retiens ça : le marché te paie quand tu es autonome. Pas quand tu suis le bruit.
Son objectif 2026 : 20 comptes, mais sans tout mettre en risque
Gilbert vise 20 comptes (notamment des 300K) et une performance mensuelle raisonnable (il parle d’environ 1,5% à 4% par mois).
Je valide l’ambition, mais je rappelle un point crucial :
Ne mets jamais tous tes comptes en risque en même temps, surtout sur des comptes exigeants (drawdown suiveur, contraintes plus strictes). Monter des comptes, ça se fait. Les perdre tous d’un coup, c’est traumatisant… et ça t’oblige à repartir de zéro.
Le trading rentable, ce n’est pas “un coup”.
C’est une construction. Une routine. Une répétition.
Le cas de son fils : 19 ans, premier payout, et… no trade le matin
L’histoire est forte : son fils s’y met, bosse les replays à fond, prend un compte, puis sort un payout (il parle d’environ 7 000 € sur un mois, puis plusieurs comptes financés).
Et le détail le plus intéressant ? Un matin, il ne trade pas. Il ne le sent pas.
Tu vois ce que ça signifie ?
Ce n’est pas “être jeune” qui fait la différence.
C’est la capacité à respecter un cadre, à ne pas se disperser, à ne pas forcer.
La conclusion que je veux que tu retiennes
Oui, une reconversion en trading est possible.
Mais pas avec l’état d’esprit “je vais tenter, on verra bien”.
C’est possible si tu comprends trois choses :
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Le trading, c’est un métier de décisions… mais surtout de comportement
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Les prop firms peuvent amplifier tes résultats, mais elles amplifient aussi tes erreurs
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La régularité vient d’une routine simple, répétée, et d’un mental qui accepte la perte sans s’écrouler
Et si tu es déjà passé par la conférence “devenir trader sans investir son propre argent”, la suite logique, ce n’est pas de te convaincre avec des promesses.
La suite logique, c’est de faire un point concret sur ta situation : ton temps disponible, ton niveau, tes contraintes, ton profil psychologique, et le chemin le plus réaliste pour toi.
Si tu veux, réserve un appel avec un coach Objectif Trading pour faire un point sur ta situation :